Vous le savez certainement les grands électeurs (conseillers et délégués consulaires, sénateurs et députés) étaient appelés à renouveler 6 des 12 sénateurs représentant les Français de l’étranger dimanche 24 septembre. Cette année, j’avais choisi de voter en personne à Paris. J’ai même eu l’honneur d’être la secrétaire du bureau de vote. En voici les résultats complets.

Les résultats de ce scrutin sont sans appel avec la liste Bansard qui prend 2 sièges et double largement son score de 2014, année où la tête de liste n’avait pas été élue à une voix près !

Son succès, que beaucoup avaient envisagé, a toutefois généré une onde de choc chez certains ! Le soir du vote, Jean-Yves Leconte, sénateur tout fraichement réélu, a ainsi exprimé ses doutes quant aux méthodes employées par la tête de liste.

Il appartiendra à d’autres instances de se prononcer sur ces points et de vérifier si le cadre légal a bien été respecté.

Dans un monde où les grands électeurs ne supportent pas les parachutages (comme le montre le lourd échec de la liste En Marche cette année ou celui de Dominique Paillé en 2008), la liste Jean-Pierre Bansard réussit à faire deux sièges et à faire élire sénateurs deux personnes non grands électeurs et non résidentes à l’étranger !

Je note que Jean-Pierre Bansard, homme d’affaires brillant et infatigable, a fait preuve :

d’intelligence car il a compris que la réforme de 2013 avait créé de nouveaux élus sans moyens et sans reconnaissance.

La création de l’ASFE, cette association (il s’agit en fait d’un parti politique) fit en réalité office de machine électorale de séduction de grands électeurs. Elle a ainsi, au fil des ans, valorisé les grands électeurs par des portraits, des infographies bien conçue et des informations prêtes à l’emploi.

Avec un secrétariat général qui ne s’est pas occupé des Conseillers et délégués consulaires mais uniquement des conseillers AFE, l’administration a laissé un espace que Jean-Pierre Bansard a habillement occupé. Il a créé des adresses mails pour tous les élus consulaires, mis à la disposition des bureaux pour les conseillers en visite à Paris. Il a compris mieux que tous et avant tous, que ce besoin de reconnaissance et de prise en considération, était la clef d’une élection historique.

Hôtel de Salm

de moyens, homme ayant fait sa fortune dans des activités de fret puis dans l’hôtellerie, monsieur Bansard dispose de moyens financiers qui semblent sans limites, avec une solide équipe de collaborateurs dont un dessinateur qui “croque” régulièrement la vie des Français de l’étranger. Son Alliance Solidaire publie très régulièrement des portraits et des infolettres. Il peut se déplacer dans le monde entier à la rencontre des grands électeurs. Il a par ailleurs organisé deux somptueuses soirées à l’hôtel de Salm (en octobre 2016 et mars 2017). Ces soirées ont durablement marqué les esprits.

Table d’honneur

de ténacité. Monsieur Bansard que je connais depuis 2011 (juste avant mon entrée à l’AFE) a toujours fait preuve de volonté, il a, au fur et à mesure, contacté tous les conseillers et délégués (je suppose) même ceux encartés (surtout peut-être !). Il sait que l’appartenance à un parti est une chose et que le secret du vote en est une autre. Si certains se sont sentis poursuivis (sic) d’autres ont admiré sa sollicitude.

Pour sa troisième candidature,  il n’a donc rien laissé au hasard. Des doutes ont été formulés quant au nombre de procurations par rapport à 2014. Là aussi il appartiendra ou non à d’autres de se prononcer sur ce point.

En élisant deux non-élus et non Français de l’étranger, beaucoup estiment que nous (grands électeurs) nous nous fragilisons.

Programme de la soirée 9 mars 2017

On peut bien logiquement aussi s’interroger du principe d’égalité devant le suffrage suite à tous les éléments exposés ci-dessus, toutefois on constate aussi que le candidat “surprise” et probablement le moins “préparé” et le plus pris par le temps, Ronan Le Gleut a également été élu. Ce sera donc aux autres listes qui ont essuyé un échec de faire leur “examen de conscience”.

Les soutiens confirmés de Jean-Pierre Bansard soulignent que c’est sa grande liberté et son indépendance par rapport à l’argent public qui lui permettront d’agir vite et bien pour faire réussir la représentation des Français de l’étranger. Effectivement, il peut seul décider de rapidement agir ou pas selon les dossiers qui lui seront présentés. Nous, élus de la nation, devons-nous nous réjouir de cette situation, de cette « bansardisation de la représentation des Français de l’étranger » ?

Les premières semaines du mandat de Jean-Pierre Bansard et Evelyne Renaud seront cruciales pour voir s’ils souhaitent réellement travailler en toute ouverture pour tous et avec tous.

 

 

 

 

 

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Hélène Degryse