Il y a 64 ans de cela aujourd’hui, les Pays-Bas connaissaient une énorme catastrophe naturelle qui toucha tout le sud ouest du pays.

Des intempéries durables et violentes engendrèrent un rehaussement exceptionnel du niveau de la mer. Le raz-de-marée qui suivit fut terrible : 1800 morts, 160 000 hectares de terre inondée, 10 000 têtes de bétail se noyèrent et une quantité incroyable de bâtiment furent détruits…

Cette catastrophe s’expliqua par des éléments météorologiques d’une rare violence mais aussi par des facteurs humains. Depuis de nombreuses années, les digues étaient mal entretenues, le budget du ministère des transports était en baisse constante…

Cette catastrophe terrible est profondément ancrée dans les esprits des Néerlandais et encore plus des Zélandais. Elle motiva le pays à se doter d’un véritable plan de défense de ses terres (le plan Delta).

Je vous conseille de visiter le musée dédié à cette catastrophe le « Watersnoodmuseum » à Ouwerkerk.

Ce musée, logé dans les 4 caissons qui ont permis de colmater la brèche, nous fait revivre la catastrophe au plus près. Il nous fait comprendre la vie de celles et ceux qui ont péri mais aussi des personnes qui ont survécu.

© Watersnoodmuseum

Lors de ma visite à l’automne dernier en compagnie du maire de Kapelle, Anton Stapelkamp, j’ai été profondément touchée par ce lieu de mémoire que chaque habitant des Pays-Bas se doit de visiter.

© Hélène Degryse

J’ai été bouleversée de voir l’œuvre 1835+1  qui permet de rendre hommage à toutes les victimes. Le +1 désigne l’enfant, né la nuit du drame,  qui n’a jamais été identifié. Cette œuvre à la fois audio et vidéo est la projection des noms des victimes sur le sol devenu mer et vagues au son de leur biographie racontée d’une voix émue.

En ce 1er février, je tiens à leur rendre hommage modestement en partageant cet article.

 

 

 

© Watersnoodmuseum

Partagez!

Vous le savez peut-être, je me suis rendue à Kapelle en Zélande jeudi dernier pour participer à la commémoration annuelle des victimes (françaises notamment) mortes pour la liberté et enterrées dans ce magnifique cimetière de cette paisible ville.

Au cimetière

J’ai eu l’honneur de déposer une gerbe avec le député du Benelux Philip Cordery et mes collègues conseillers consulaires lors d’une cérémonie marquée par des discours forts et déterminés. Le monde dans lequel nous vivons n’est en effet pas simple et les questionnements actuels ne doivent pas nous faire oublier les combats du passé. Plus que jamais, le devoir de mémoire doit être actif et conscient.

Cimetière de KapelleCette commémoration est l’occasion de retrouver la délégation d’Orry-la-Ville où se trouve le cimetière néerlandais. Depuis de longues années, des liens très forts et authentiques se sont tissés entre les deux communes et la soirée conviviale à laquelle j’ai participé à l’issue de la commémoration en est la parfaite illustration.

C’est toujours un énorme plaisir pour moi de revoir le dynamique maire de Kapelle, Anton Stapelkamp, et de voir comment, sous son impulsion et grâce à sa fidèle équipe, cette agréable commune de la jolie province de Zélande (la plus ensoleillée du pays en plus !), vit au rythme de la France pendant une semaine entière.

Avec Anton StapelkampUne personne a réellement illuminé ma visite : Maurice Le Noury, 94 ans, ancien des forces françaises, il fut parachutiste chez les SAS et participa en avril 1945 à l’opération Amherst aux Pays-Bas.

Cet incroyable monsieur, d’une grande vitalité, a énergiquement souligné qu’il était lui-même honoré de pouvoir rendre hommage aux 8 parachutistes qu’il connaissait et qui sont enterrés à Kapelle.

Chaque personne avec qui il échangeait voulait immortaliser ce moment et repartait le sourire aux lèvres, impressionnée par une telle leçon d’humilité et de courage.Maurice De Noury et l'attaché de défense

Mon bref séjour en Zélange m’a donc fait forte impression. Je dis aux amis de Kapelle et d’Orry, à l’année prochaine et, qui sait, peut-être à très bientôt même !

 

 

Tags

Hélène Degryse