Mon bon ami André me fit récemment une belle surprise : il me donna son billet pour assister à la représentation,, au Concertgebouw, de Tristan und Isolde de Wagner.

Il me confia, « j’aime beaucoup cet opéra mais 5h00 de musique, c’est un peu trop pour moi ». Quelque peu inquiète, je me rendis au Concertgebouw, toutefois ravie de cette pause musicale longue et inédite.

Pour les novices, Tristan und Isolde est un opéra jugé révolutionnaire dans l’histoire de la musique. De nombreuses personnes s’y sont essayées et certaines y ont même laissé leur peau !

Le Concertgebouw est la salle de musique classique d’Amsterdam. D’une élégance rare, il jouit en outre d’une acoustique supérieure réputée dans le monde entier. Parfaite illustration de communication efficace et de marketing maitrisé à la néerlandaise, la salle affiche complet tous les jours et entretient des liens très forts avec son public qu’elle sait choyer.

La malédiction de Tristan semblait décidément bien réelle lorsque le directeur artistique annonça que l’interprète du rôle titre, Clifton Forbis, était malade et avait dû renoncer à la représentation sur avis médical. Le Concertgebouw ajouta que le ténor Ian Storey avait accepté de le remplacer au pied levé. Arrivé la veille, il n’avait donc pas pu répéter avec l’orchestre…. Une onde de stupeur traversa la salle…..

Et alors ? Je peux vous dire que les 5h00 de musique et 6h00 de présence au Concertgebouw passèrent très vite. Jaap van Zweden, l’illustre chef d’orchestre batave, dirigea de main de maître cette représentation. Le public fasciné resta attentif jusqu’à la fin et fut à peine distrait par le malaise assez grave d’une spectatrice lors du 3e acte… Quelle beauté, quelle intensité, quelle dramaturgie… J’ai rarement entendu dans cette enceinte de telles salves d’applaudissements.

Cette journée fut réellement inoubliable à tous points de vue. Merci André !

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