Vous le savez peut-être, se joue actuellement le 3e round électoral de l’année 2017. Celui-ci, moins connu et moins médiatisé que les présidentielles et les législatives, tient toutefois depuis quelques semaines en haleine le microcosme des élus consulaires (élus des Français de l’étranger) qui sont grands électeurs de ce scrutin indirect.

L’élection du 24 septembre (avec un vote possible par anticipation le 16 septembre) permettra de renouveler 6 des 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France.

Sur les 6 sortants, 2 ne se représentent pas, les appétits sont donc logiquement aiguisés et les ambitions de certains sont grandes !

Actuellement ce sont 10 listes (!) qui tentent d’attirer les faveurs, pardon les suffrages, des 533 grands électeurs (conseillers et délégués consulaires et parlementaires des Français de l’étranger).

Une campagne est toujours un instant incroyable de « réalité augmentée », de « mentir vrai » où chaque liste essaie de séduire un électorat.

Si les tentatives sont souvent nobles, elles ont souvent aussi une dimension « tragicomique » : lorsque des sortants promettent des choses qu’ils n’ont pas été en mesure de faire durant leur(s) mandat(s), ou lorsqu’un sortant met finalement en branle sa communication en direction des grands électeurs 2 semaines avant le scrutin…

Ces campagnes sont toujours aussi complexes et frustrantes pour les non candidats, on voit souvent partir sur différentes listes des amis. La grande famille des Français de l’étranger, le temps d’une campagne, s’écharpe sans ménagement.

Les grands électeurs sont parfois pris en étau, certains nous reprochent de trop nous afficher, d’autres de ne pas assez le faire, de liker certaines publications, de ne pas en liker d’autres en bref… la tension est à son comble et c’est bien logique….

Un article que j’avais publié cet été m’avait ainsi valu des réactions assez fortes et variées.

Une campagne sénatoriale ne serait pas une vraie campagne sans que des rumeurs folles circulent : élus de terrain qui n’en seraient pas, accords sous le manteau sur des postes à pourvoir, achats d’électeurs, tous les ingrédients sont là pour donner un air de très mauvais roman à ce cru 2017…

Avec Isabelle Heuzé, Vincent Merk et Philippe Perret, 3 colistiers « Les Pieds sur Terre aux Pays-Bas »

Personnellement, fidèle à mon engagement pris auprès de mes colistiers des élections consulaires sur la liste “les Pieds sur terre aux Pays-Bas”, j’ai commencé à échanger avec eux au sujet des listes en présence et je formulerai mon choix et expliquerai mon vote auprès d’eux et auprès d’eux seulement.

Ces dernières semaines, j’ai eu le plaisir d’échanger avec la plupart des têtes de liste (ou suivants de liste).

Si je sais bien que lors de ces échanges, on me dit souvent ce que j’ai envie d’entendre, je suis infiniment reconnaissante du temps passé par les différents candidats à expliquer leur programme et à échanger avec moi. Certains ont, plus que d’autres, pris le temps de répondre patiemment à mes nombreuses questions.

Je ne peux toutefois m’empêcher de constater « l’entre-soi » de cette campagne. Les grands électeurs se voient parfois offrir un miroir grossissant et embellissant, les filtres Photoshop ne sont rien par rapport aux promesses (souvent coûteuses) qui nous sont faites !

Plus grave, certains candidats n’ont tout simplement rien révélé de leurs positions politiques ou sociétales… L’indépendance est une chose, la clarté en est une autre, c’est à mes yeux une condition sine qua non lorsque l’on souhaite être parlementaire…

Bon vote à ceux qui votent par anticipation, bonne fin de campagne aux candidats !

Je ne dirai pas que les meilleurs gagnent car je sais, malheureusement, qu’une élection est souvent injuste et cruelle.

Information importante, le vote aux sénatoriales est obligatoire, toute abstention génère une amende de 100 €.

 

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Hélène Degryse