Arrivée du Président de la République avec, à ses côtés, Marc Villard, Président de l’AFE

Au début du mois d’octobre avait lieu la 27e session de l’Assemblée des Français de l’étranger.

Ancienne benjamine de cette asssemblée,  j’en serai bientôt de nouveau membre dans le cadre d’une rotation de liste au niveau Benelux. Je m’y rends déjà à chaque session et assiste aux séances publiques pour exercer au mieux mon mandat de terrain et pour faire remonter les préoccupations des Français des Pays-Bas (notamment l’enseignement et la suppression de la réserve parlementaire).

Fin août, le président Macron avait annoncé lors de la conférence des Ambassadeurs qu’il se rendrait à l’Assemblée de Français de l’étranger.

Photo de famille, préparatifs

En faisant cette annonce, il écrivait déjà l’histoire, car jamais, depuis la naissance de cette assemblée, un président en exercice ne s’y était rendu.

Cette session d’octobre promettait déjà d’être historique comme toutes celles qui suivent directement les élections sénatoriales… Celle-ci allait-elle dépasser les attentes ?

Alors comment s’est passée cette 27e session ?

L’écrivain et scénariste Emmanuel Carrère écrivit récemment que le président Macron est en mesure de « séduire une chaise » dans un long portrait publié par le Guardian, inutile de dire que les membres de l’Afe et les nombreux conseillers consulaires présents succombèrent eux aussi à l’opération “Macron séduction”.

Le selfie présidentiel

Son discours volontaire, énergique, frais et européen (trop selon certains, rappelons que l’assemblée AFE rassemble des conseillers du monde entier) fut une véritable déclaration d’amour aux Français de l’étranger tout en insistant sur la nécessité de réformer, de moderniser et aussi, de faire des économies…

Cette assemblée, dont la composition date encore de l’ère des « anciens partis » et du clivage classique droite (avec UFE et indépendants) et gauche (PS-Verts-FI sous le nom FDM), réagit toutefois de manière positive à ce discours et surtout à la disponibilité du chef d’état. Si la jeunesse ne fait et ne peut pas tout, il convient de noter que l’AFE a été prise toute la semaine dans un tourbillon dynamique appréciable après quelques années plus « tranquilles ».

Le président a promis la modernisation des démarches administratives pour les Français de l’étranger, il annonça surtout le retour du vote électronique pour les élections consulaires de 2020 « sinon la France n’est plus la France ». Son discours complet se trouve ici.

J’avoue avoir observé avec un amusement les élus, dont certains avaient passé l’été à critiquer l’action de Macron alias « Jupiter », qui se jetèrent littéralement sur le président pour tenter des clichés souvent improbables et pourtant existants !  Certains élus s’enorgueillirent même d’avoir une photo mais de ne pas la diffuser 🙂

Toute la semaine fut placée sous le signe d’une équipe renouvelée et sur des méthodes de travail nouvelles elles aussi. Le secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne rencontra ainsi le bureau de l’AFE ainsi que tous les présidents de commissions pour échanger. Il promit de le faire à chaque session pour travailler au plus près avec les conseillers sur les dossiers.

Monsieur Lemoyne revint en fin de session pour une intervention et pour écouter les travaux des différentes commissions. Il répéta sa volonté de travailler ouvertement avec les élus et ajouta que ses équipes se pencheraient prochainement sur les dossiers brûlants notamment la mise en place d’un mécanisme de remplacement de la réserve parlementaire. Son intervention complète se trouve ici.

Avec Ronan Le Gleut, tout nouvellement élu sénateur, et Olivier Cadic, élu en 2014.

La semaine AFE fut aussi pour moi l’occasion de retrouver de nombreux collègues du monde entier et de passer une très agréable soirée en compagnie des sénateurs Cadic et Le Gleut.

Pieyre Alexandre Anglade (député Benelux) et Pierre Girault (Luxembourg)

J’ai particulièrement apprécié la soirée du rayonnement français organisé par la sénatrice Joelle Garriaud-Maylam qui mit à l’honneur des femmes et des hommes d’exception. Mon coup de coeur allant naturellement à Thomas Pesquet qui mit des étoiles dans les yeux des participants avec son superbe discours.

La prochaine session de l’AFE se tiendra du 12 au 16 mars 2018, nous verrons si les promesses du président et du secrétaire d’état se transforment en actions. En effet après la déclaration d’amour, les Français de l’étranger voudront voir des preuves d’amour et le réseau AEFE en souffrance et le remplacement de la réserve parlementaire seront des thèmes centraux.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

Retrouvez les travaux complets des commissions ici :

Commission des lois, des règlements et des affaires consulaires : http://www.assemblee-afe.fr/octobre-2017-travaux-de-la-commission-des-lois-des-reglements-et-des-affaires-consulaires.html

Commission de l’enseignement, des affaires culturelles, de l’audiovisuel extérieur et de la francophonie : http://www.assemblee-afe.fr/octobre-2017-travaux-de-la-commission-de-l-enseignement-des-affaires-culturelles-de-l-audiovisuel-exterieur-et-de-la-francophonie.html
commission des affaires sociales et des anciens combattants :
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Vous le savez sans doute maintenant, je suis particulièrement ravie lorsque des expos ou événements associent les cultures francaise et néerlandaise. C’est donc d’un pas allègre que je me suis récemment rendue à la visite presse de l’expo événement du Musée Van Gogh : Nederlanders in Parijs.

Chapitre Ary Scheffer

Cette exposition nous présente la Ville Lumière vue par huit artistes venant des Pays-Bas : Van Spaendonck, Scheffer, Jongkind, Kaemmerer, Breitner, Van Gogh, Van Dongen et Mondriaan.

Les quelques 120 oeuvres qui composent l’exposition nous offrent un puissant tour d’horizon de la capitale française, de son pouvoir et son influence sur les artistes et proposent des mises en contexte avec des contemporains d’autres nationalités.

L’exposition constitue aussi un voyage dans le temps par le biais de différents courants artistiques.

 

Nederlanders in Parijs constitue une véritable ôde aux échanges culturels avant la lettre et les huits artistes composent chacun un chapitre d’une belle histoire d’amour franco-néerlandaise ou plutôt néerlando-parisienne.

J’ai beaucoup apprécié le « mapping » de Paris réalisé par le RKD qui nous fait découvrir les lieux de vie et de travail des différents artistes néerlandais.

Je vous invite à observer avec attention l’évolution artistique de Van Gogh au contact de la ville.

A noter, le 9e chapitre de cet événement est l’exposition Nederlanders in Barbizon, Maris, Mauve, Weissenbruch prochainement au musée « Mesdag Collectie » à La Haye.

L’exposition (incluant le 9e chapitre Barbizon) se déplacera au Petit Palais début 2018 (à compter du 6 février). Je vous conseille vivement le superbe catalogue de l’exposition.

Le musée Van Gogh se fait parisien

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Après le palpitant feuilleton Rembrandt et son issue positive (l’achat conjoint, par la France et les Pays-Bas, des sublimissimes portraits Marten & Oopjen), les relations culturelles entre les Pays-Bas et la France sont au beau fixe. Preuve toute récente : le prêt, par le Rijksmuseum, de la Laitière de Vermeer au Louvre.

L’illustre tableau de Vermeer séjournera en effet à Paris du 22 février au 22 mai dans le cadre de l’exposition “Vermeer et les maîtres de la peinture de genre”.

C’est le premier séjour au Louvre de La Laitière sachant que le dernier séjour parisien du tableau remonte à 1966, au musée de l’Orangerie.

Alors bon voyage La Laitière et à bientôt !

Cliquer ici pour le communiqué officiel du Rijksmuseum.

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Au début du mois, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a choisi de s’exprimer en anglais lors d’une visite en Allemagne. Regrettant de ne pas pouvoir s’exprimer en allemand (devant un parterre international), il expliqua avoir choisi l’anglais par facilité et pour être compris.

Cette visite internationale eut un grand écho et Macron fut par la suite accusé de tous les maux (par ses adversaires) pour n’avoir pas parlé français : trahison nationale, désertion, posture calculée moderne etc..

Tout semble en effet actuellement bon (de l’extrême droite à la gauche) pour taper sur “le” Macron.

Certains insinuèrent même que cet emploi de l’anglais s’inscrivait en réalité dans une stratégie de ringardisation de la francophonie et de dissimulation de son inexpérience…

Je vous confesse avoir été interloquée puis finalement attristée par toutes ces réactions.

Vivant à l’étranger depuis bien longtemps, je sais que parler une langue autre que sa langue maternelle n’est pas renier celle-ci bien au contraire. Je sais aussi que c’est en parlant très bien néerlandais et anglais que je fais finalement le mieux la promotion de la France et du français.

Vous le savez certainement, aux Pays-Bas, l’anglais est réellement une langue que l’on parle très bien et activement. Les Néerlandais sont d’ailleurs réputés pour leur maîtrise des langues en général avec, il est vrai aussi le français en perte de vitesse.

J’avoue ainsi avoir été plusieurs fois très gênée en constatant que les représentants de la France (tout en ayant suivi pour la plupart de longues études) n’étaient, en visite aux Pays-Bas, pas en mesure de s’exprimer autrement qu’en français et qu’ils se reposaient sur le niveau de français de leurs homologues NL.

Timmermans et Fabius 2013

A l’inverse, j’avais ressenti une immense fierté devant le brillant discours en français de Frans Timmermans, alors ministre des Affaires Etrangères des Pays-Bas lors de l’inauguration de l’Ambassade de France aux Pays-Bas. Il avait rendu bien pâle, tant sur le fond que sur la forme, le discours de son homologue français de l’époque Laurent Fabius…

En 2015, lors de sa visite aux Pays-Bas pour le grand départ du tour de France et de l’année économique franco-néerlandaise, Emmanuel Macron (alors ministre de l’Economie) s’était exprimé en anglais. La France avait alors bénéficié de cet échange direct et positif.

Les Néerlandais me disaient alors, tiens il se débrouille bien en anglais « pour un Français ».

La maitrise suffisante de l’anglais devrait être une condition préalable à tout exercice de fonction politique et de surcroit, la fonction suprême. Tel est d’ailleurs l’avis des Français qui estiment à 41% qu’un président de la République devrait être bilingue tandis que 49% estiment qu’il devrait parler anglais couramment.

Je ne peux m’empêcher de noter que le mauvais niveau d’anglais général des femmes et hommes politiques et leur refus de parler cette langue en public n’a pas permis de lutter contre une perte de vitesse du français dans de nombreux pays, dès lors il serait certainement pertinent d’adopter une autre stratégie non ?

A cet égard, je signale que nos ambassadeurs de France aux Pays-Bas, pour être compris, s’expriment régulièrement en anglais. L’allocution du 14 juillet 2016 fut ainsi en partie prononcée dans la langue de Shakespeare « Oh shocking » ? Pas du tout ! Je sais que la France a marqué des points à cette occasion.

Alors to speak or not to speak “english” cela ne devrait même pas être une question…

Pour finir sur une note d’humour, un petit florilège de nos hommes politiques « parlant » anglais.

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Vous le savez certainement, je suis particulièrement impliquée au niveau des problématiques de retraite et de prestations sociales pour les Français des Pays-Bas.

Si la question sociale est centrale à mes engagements d’élue, mon travail à la Sociale Verzekeringsbank (gestionnaire de prestations et pensions aux Pays-Bas) fait que je suis réellement, à plusieurs niveaux, impliquée et informée.

Dans mon travail d’élue de terrain, je rencontre beaucoup de Français qui partagent avec moi leurs soucis et questions quant aux problèmes de retraite typiques des polyassurés sur plusieurs pays.

A ce titre je suis particulièrement satisfaite de voir prochainement la tenue des journées informations retraite dont je vous parlais récemment.

Lors de mes permanences d’élue, la problématique des certificats de vie revient régulièrement. De nombreuses personnes signalent la complexité de leur situation. En effet, comme elles perçoivent plusieurs retraites, plusieurs caisses leur demandent, à des moments différents, des certificats de vie, impliquant de coûteux (et parfois compliqués) trajets pour les faire remplir et signer par les autorités compétentes (le consulat général de France souvent)…

Bientôt tout cela sera heureusement de l’histoire ancienne !

En effet j’ai récemment participé à Paris à une journée d’échanges entre le CLEISS la CNAV et la SVB. Ma double casquette d’interprète et d’élue des Français des Pays-Bas s’est révélée très pertinente.

Je peux vous annoncer que prochainement, les certificats de vie des Français des Pays-Bas touchant une retraite de la France ne seront plus nécessaires puisqu’un échange automatique de données concernant les décès aura été mis en place.

La délégation néerlandaise avec Philippe Sanson, directeur du CLEISS

La délégation néerlandaise avec Philippe Sanson, directeur du CLEISS

Cet échange doit tout d’abord faire l’objet d’un protocole de test très encadré qui devrait se tenir au début 2017.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant des délais. Initule de vous dire que je suis vraiment satisfaite de cette avancée décisive qui va faciliter la vie des retraités français des Pays-Bas.

Quant aux futurs retraités, n’oubliez pas de vous inscrire aux journées d’information dont je vous parlais dans mon article.

J’ai visionné avec attention et intérêt la récente vidéo de Communication & entreprise qui porte sur les clichés sexistes (le lien se trouve en fin d’article).

Aux Pays-Bas les clichés sexistes sont peut-être moins évidents au quotidien mais les messages publicitaires véhiculent cependant bien ces clichés. On se souvient notamment de plusieurs campagnes de SuitSupply qui firent l’évènement et pas pour les bonnes raisons

Voici le communiqué de presse de Communication & Entreprise :

Consciente que les communicants jouent un rôle majeur dans l’image de la femme véhiculée au quotidien, Communication & Entreprise via son réseau de femmes « Toutes Femmes, Toutes Communicantes » a souhaité s’emparer de ce sujet sensible : les clichés sexistes.

L’objectif ? Alerter notre profession mais aussi le grand public, et impulser une communication plus respectueuse et plus créative, afin de dépasser le recours aux stéréotypes, encore trop fréquemment utilisés au sein de la profession.

En ce début 2016, je ne peux qu’adhérer à ce message et à cet objectif. Alors venez vous aussi faire le buzz et transmettre le message ! : No more clichés ! ». Message à partager à volonté !

En janvier, j’ai participé à Paris au tournage de l’émission (en direct !) 24h chrono de l’international. Le concept de l’émission est simple : faire découvrir en 24h 24 villes différentes. L’idée est de donner les outils à un expatrié souhaitant s’installer dans une ville donnée.

Ce concept unique souligne le mouvement remarquable de millions de français de plus en plus mobiles.

Nous étions 4 intervenants sur le plateau : Olivier Ponti, manager Recherche Amsterdam Marketing, Isabelle Chabry, co-fondatrice MyReputationLab, Fanny-Marie Brisdet, avocate CCE et moi-même donc.

L’ambassadeur ouvrit les débats en présentant brièvement la communauté. Les échanges furent très enthousiastes et positifs notamment grâce à la fraîcheur et à l’efficacité de la journaliste Lorie Guilbert. Seul bémol, certaines contributions pré-enregistrées n’étaient vraiment pas à la hauteur tant au niveau de la forme que du contenu, heureusement, elles furent vite oubliées par le direct !

A l’arrivée, TV5 diffusa une ode à Amsterdam, ville où il fait bon vivre et où les enfants sont rois !

A quand le prochain tournage ?

Suite aux terribles évènements de Paris, un rassemblement spontané a eu lieu le 14 novembre sur la place du Dam à Amsterdam. Ce rassemblement illustra la volonté de se retrouver, entre Français, de partager sa peine et son émotion, de montrer que nous n’avons pas peur tout en restant extrêmement vigilants. Plusieurs centaines de Français se retrouvèrent ainsi dans la dignité et la pudeur. Les visages étaient tirés mais la volonté de tenir était tout aussi grande. Il fallait être présent. Il le fallait.

J’ai beaucoup échangé avec la communauté lors de cette manifestation. Echanger, partager, encourager… il est clair que notre communauté a, en ces moments graves, le devoir d’être unie face à l’adversité.

Depuis hier matin, nous (le député du Benelux Philip Cordery, mes 4 collègues conseillers consulaires, l’ambassadeur Laurent Pic et la consule Christina Vasak) avons publié et largement relayé un message adressé à la communauté française. Nous, les conseillers consulaires, avions auparavant publié un message destiné à notre communauté.

Les questions et inquiétudes restent nombreuses, celles-ci concernent notamment le niveau de sécurité, la minute de silence prévue lundi, les lieux à éviter, les manifestations et rassemblements prévus.

Je suis en contact régulier avec les autorités françaises aux Pays-Bas et les autres élus, je réponds, au fil de l’eau, aux questions reçues lorsque je suis en mesure de le faire.

Je peux vous dire qu’une vigilance accrue est de mise et que les autorités néerlandaises sont également particulièrement vigilantes depuis les attaques de vendredi.

Une réunion « conseil consulaire de sécurité » aura lieu mardi. Je ne manquerai pas de vous en informer.

A l’heure actuelle, je reste à votre disposition (par téléphone, par mail et via les réseaux sociaux) et je vous conseille de consulter régulièrement les sites Web de l’ambassade de France et du consulat général. Vous pouvez également consulter mon compte Twitter que je mets régulièrement à jour en fonction des informations reçues.

Je vous souhaite un bon dimanche, malgré tout.

Solidairement vôtre

Hélène

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Hélène Degryse